L'Américain Floyd Landis a été reconnu coupable de dopage par la Cour d'arbitrage américaine et suspendu pour deux ans. L'appel du coureur américain, contrôlé positif à la testostérone sur le Tour de France 2006 a été rejeté. Oscar Pereiro a donc été déclaré vainqueur de la Grande Boucle 2006.
L'Américain Floyd Landis a été reconnu coupable de dopage lors du Tour de France-2006 par les trois juges de la Cour d'arbitrage américaine indépendante (AAA) qui l'ont privé de sa victoire dans l'épreuve et suspendu pour deux ans, dans un arrêt rendu jeudi.
Il aura fallu dix mois de bataille juridique, une audition de neuf jours, en mai, puis quatre mois encore de délibération pour parvenir à cette décision de 84 pages, rendue par deux voix pour, celles du président du panel Patrice Brunet et de Richard McLaren, contre celle de Christopher Campbell, l'expert nommé par le camp Landis au sein de la Cour d'arbitrage mandatée par l'agence américaine antidopage (USADA).
"Ce jugement est un camouflet pour tous les athlètes et les cyclistes", a estimé Landis dans un communiqué. "Que le panel décide en faveur de l'USADA, alors que celle-ci n'a même pas réussi à apporter la moindre preuve, montre que ce système est fondamentalement vicié. Je suis innocent et nous l'avons prouvé ", a poursuivi le coureur qui a toujours basé sa défense sur le manque de sérieux du laboratoire de Châtenay-Malabry, responsable des analyses positives à la testostérone de ses échantillons A, B, ainsi que des analyses rétroactives (également positives) pratiquées à la demande de l'USADA au mois d'avril 2007.
"La décision de la majorité du panel est un déception. (...) C'est une erreur judiciaire", a estimé l'avocat de Floyd Landis, Maurice Suh, qui a par ailleurs expliqué réserver sa décision en ce qui concerne un éventuel appel devant le Tribunal arbitral du sport de ce jugement. La bataille juridique, souvent guéguerre procédurière contre l'USADA, l'AFLD, autorité de tutelle du laboratoire de Châtenay-Malabry, aura coûté près de deux millions de dollars à Landis qui avait créé un fonds de solidarité pour financer sa défense.
Si les choses en restent là, Landis, bientôt 32 ans, qui n'a plus couru en compétition depuis le Tour 2006, sera suspendu jusqu'au 29 janvier 2009, c'est-à-dire durant deux ans à partir de la date où il s'était engagé par lettre, sur demande de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), à ne pas courir en France en échange de la suspension de la procédure engagée à son encontre par l'AFLD. Réagissant à la décision américaine, le président de l'Union cycliste internationale Pat McQuaid a estimé que le vainqueur du Tour 2006 était donc l'Espagnol Oscar Pereiro, deuxième du classement final.
"On peut déclarer dès maintenant Pereiro vainqueur sans attendre un éventuel appel de Landis devant le Tribunal arbitral du sport", a déclaré M. McQuaid. Landis avait été contrôlé positif à l'issue de son succès dans la 17e étape du Tour 2006, à Morzine, où il s'était imposé après une longue échappée solitaire à travers les cols alpestres.
Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, a qualifié de "confirmation" la décision des autorités américaines."La décision des arbitres américains est la confirmation de ce que l'on savait. Il a triché, il est sanctionné", a déclaré Christian Prudhomme. "Pour notre part, nous avons dit dès le début notre confiance envers le laboratoire de Châtenay-Malabry".
Le directeur du Tour a regretté enfin la longueur de la procédure qui rend une décision plus d'un an après la fin de la course: "Landis a tout fait pour se défendre, ce qu'on ne va pas lui reprocher. Mais, à l'évidence, c'est beaucoup trop lent."